Pour que la Conférence de Paris sur le climat débouche sur des résultats à la hauteur des enjeux de la lutte contre le dérèglement clima- tique, il ne faut pas seulement que les Etats prennent ensemble des engagements ambitieux : il faut que toutes les forces vives de la société civile, les citoyens, les entreprises, les territoires, se mobilisent pour agir dans la même direction.
LA FRANCE A FAIT LE CHOIX D’ÊTRE EXEMPLAIRE

Elle est le seul pays à avoir donné force de loi aux objectifs qu’elle s’est fixés, avec l’Union européenne, et aux moyens de les atteindre.
Avec la promulgation, le 17 août 2015, de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte et avec les plans d’action qui l’accompagnent, notre pays engage de manière irréversible la construction de son nouveau modèle énergétique.
C’est, à ce jour, la législation la plus complète, en Europe et dans le monde. Un outil pour agir, ici et maintenant. Un atout pour convaincre et entraîner tous les pays qui participeront en décembre au Sommet de Paris.
Les grandes orientations à court et moyen terme y sont clairement indiquées. Elles permettent à tous les acteurs de prendre leurs décisions en connaissance de cause et sécurisent les investissements nécessaires.
Le premier grand chantier
C’est l’efficacité énergétique des bâtiments et des logements car l’énergie la plus protectrice du climat et la moins chère, c’est celle qu’on ne consomme pas. Rénover les constructions existantes, développer l’éco-construction et les bâtiments à énergie passive ou positive, cela permet de baisser les charges des ménages, des entreprises et des collectivités.
Ce sont aussi plus d’activités pour le secteur du bâtiment, des grands groupes aux PME et artisans, et plus d’emplois (75.000 emplois supplémentaires selon les fédérations professionnelles).
La création du crédit d’impôt de 30% (dans la limite de 8.000 euros pour une personne seule ou de 16.000 euros pour un couple) et d’un éco-prêt à taux zéro simplifié, la mise en place par les Régions du tiers financement (pour faire aux particuliers l’avance du coût des travaux), la généralisation dans tous les territoires des plateformes de la rénovation énergétique sont autant de moyens concrets et accessibles à chacun pour lancer sans tarder des travaux d’isolation et de performance énergétique.
Le deuxième grand chantier
Il concerne les transports propres, pour réduire la pollution de l’air, préparer l’après-pétrole et accélérer le remplacement du parc de voitures (particulières et utilitaires), de camions, de cars, de bus par des véhicules faiblement émetteurs.
Le nouveau bonus de 10.000 euros pour remplacer un vieux diésel par une voiture électrique est en place depuis avril 2015 et le plan de déploiement de 7 millions de points de recharge est lancé. La loi fait également obligation aux administrations, lorsqu’elles renouvellent leur flotte, d’acquérir au moins 50% de véhicules propres.
Troisième chantier
La lutte contre les gaspillages. La loi inscrit pour la première fois dans notre droit positif l’économie circulaire qui fait des déchets des uns la matière première des autres et englobe tout le cycle de vie des produits, de leur conception à leur recyclage.
L’appel à projets « Territoires zéro déchet, zéro gaspillage », lancé par le Ministère de l’Ecologie, a déjà suscité l’engagement de 293 collectivités qui rassemblent, dans toutes les régions, plus de 7,5 millions d’habitants et cette dynamique va s’amplifier.
Le quatrième chantier
C’est la montée en puissance de toutes les énergies renouvelables qui deviennent de plus en plus compétitives : éoliennes (qui viennent d’atteindre 10.000 MW de puissance installée), solaires (le photovoltaïque dépasse les 6.000 MW), marines, biomasse, géothermie, hydraulique…
Visibilité des objectifs pour les entreprises et les collectivités, implication des citoyens grâce au nouvel investissement participatif, simplification avec le permis unique : la loi et les appels à projets qui l’accompagnent permettent de changer d’échelle.
Plus de 300 contrats de territoires à énergie positive ont déjà été signés par des villes et des groupements de communes qui s’engagent à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et de l’éclairage public, à promouvoir des modes de transports propres, à gérer plus efficacement leurs déchets, à produire localement des énergies vertes, à déployer des compteurs intelligents qui permettent à chacun de maîtriser sa consommation, à protéger et valoriser la biodiversité, à développer l’éducation à l’environnement.
Ces territoires moteurs de la mutation écologique bénéficient de subventions du nouveau fonds de financement de la transition énergétique géré par la Caisse des dépôts.
Nombre de dispositions de la nouvelle loi sont d’application immédiate. Présidente pendant dix ans d’une Région qui a fait le choix de l’excellence environnementale, je sais de quel dynamisme nos territoires sont capables quand l’élan est donné, les freins levés et des moyens d’agir opérationnels mis en place.
Pour la croissance verte, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’engager, comme l’a montré le Business Summit organisé à Paris en mai dernier dans le cadre de la préparation de la COP 21.
En France, grands groupes et PME se mobilisent avec l’aide des appels d’offre du Ministère de l’Ecologie, du Programme des investissements d’avenir et de BPI France, la banque de la transition énergétique et écologique. Innovation technologique, développement de filières d’avenir, création d’activités nouvelles et d’emplois durables, gains de compétitivité et conquête de marchés à l’international : nos entreprises, confortées par les choix clairs de la loi, prennent activement le tournant de la nouvelle économie climatique.
La clef de la réussite, c’est la mobilisation de tous les Français, dès lors qu’ils sont conscients des enjeux du dérèglement climatique, convaincus que chacun peut agir à son échelle et que ce qui est bon pour le climat l’est aussi pour eux : pour l’emploi, pour le pouvoir d’achat, pour la santé.
C’est dire l’importance de l’éducation précoce à l’environnement, du partage de l’information, de la proximité des plateformes de conseil sur la transition énergétique, de la simplicité des aides mises à la disposition de chacun et de l’association de tous les citoyens aux décisions qui les concernent.
La Conférence de Paris Climat 2015 mettra en valeur le foisonnement d’initiatives de la société civile et de solutions concrètes à portée de toutes les mains. L’Espace Génération Climat leur sera dédié et les demandes affluent pour y tenir un stand ou animer une rencontre. Un espace réservé aux entreprises, également sur le site du Bourget, constituera une véritable vitrine des technologies et de l’excellence françaises.
Dans tout le pays, en relation avec ce grand rendez-vous mondial et avec le nouvel horizon de notre propre mutation énergétique, des centaines de projets économiques, technologiques, civiques, éducatifs, artistiques et même sportifs témoignent que la prise de conscience, la créativité et le désir d’agir sont là. C’est un bel encouragement pour réussir le Sommet que nous accueillons et en faire un moment d’accélération, pour la France et tous les pays du monde.

